artifices
de défense et de séduction


jeudi 14 septembre 2017

Cette exposition retrace le parcours de Francesca Gagliardi, faisant suite à «blues de mon rouge à lèvres» -présentée à la Galerie en avril 2007- et à ses séjours en Inde.
En poursuivant ses recherches sur l’image et le symbolisme des bâtons de rouge à lèvres (rossetti) d’une évidente connotation sexuelle masculine, elle développe tout un vocabulaire de formes – «cibles» (targets), «boucliers» (scudi), en se servant cette fois de la référence des napperons en crochet, travaux manuels intimement liés à la féminité.
Elle utilise multiples matières (papier, céramique, cire, cuir, tôles de cuivre, bronze, fonte d’aluminium, pâte de verre, etc.) et techniques (dessin, gravure, impression, moulage, poinçonnage, etc.) pour créer ces «artifices» qui peuvent être perçus comme des machinations féminines faisant partie du «jeu de la séduction», considéré comme «l’art de la guerre».
Lors du séjour à Jaipur, en Inde, en 2009, Francesca Gagliardi rencontre Kaluram Panchal, un brahman avec qui elle produit une série de dessins à caractère érotique. Cet ensemble est directement lié aux représentations des unions sacrées des divinités que l’on trouve non seulement dans les façades de certains temples, mais aussi dans des autels votifs, à l’entrée des maisons ou dans un quelconque coin de rue. A ce moment-là, le concept de «synchronicité», tel que le conçoit Carl G. Jung dans sa psychologie des profondeurs, devient pour elle une évidence et prend tout son sens.

Un livre, «Jaipur drawings» coédité par les edizioni Sottoscala à Bellinzone et les Éditions Notari à Genève, comprend des images de la plupart des œuvres exposées et des textes inhérents à l’interprétation profonde de ces travaux.